L'IVG étape par étape

Publié le 15/12/2022 Mis à jour le 25/01/2023 Temps de lecture : 7 minutes

Que faire ? Quelles sont les étapes ? En quoi consistent les différentes méthodes ? Y a-t-il des complications ?

Retrouvez ci-dessous toutes les réponses à vos questions sur le déroulement de l'IVG.

Lorsque votre décision d’avorter est prise, vous devez prendre rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme). Il peut s’agir d’un professionnel exerçant en cabinet de ville, en centre de santé, en centre de santé sexuelle (ex–centre de planification ou d’éducation familiale) ou en établissement de santé.


Le rendez-vous peut se dérouler en présentiel, ou en téléconsultation (si celle-ci vous est proposée).


Lors de ce premier rendez-vous avec le médecin ou la sage-femme, vous recevrez toutes les informations nécessaires sur l’IVG (méthodes, lieux et délais de réalisation, présentation des différents temps, des risques et effets secondaires possibles) et un dossier-guide reprenant ces différentes informations vous sera remis.

Si le professionnel de santé consulté ne pratique pas lui-même l’IVG, il doit vous en informer immédiatement et vous orienter vers un professionnel qui pratique l’IVG.

La demande d’IVG se fait en deux temps :

Le premier temps correspond à la consultation d’information.

C’est lors de cette consultation que vous formulez votre demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il ou elle vous remet un dossier guide et des informations orales : 

  • sur les différentes méthodes d’IVG : instrumentale et médicamenteuse ;
  • sur les lieux de réalisation et notamment le choix dont vous disposez ;
  • sur les risques et les effets secondaires possibles.

Cette consultation est l’occasion pour vous de poser toutes les questions que vous pouvez avoir.
Le médecin ou la sage-femme vous proposera également un entretien psycho-social. Il est obligatoire si vous êtes mineure.
À la fin du rendez-vous, le médecin ou la sage-femme vous délivre une attestation de consultation médicale, pour certifier que cette première consultation a bien eu lieu.

Bon à savoir : Si le médecin, ou la sage-femme, consulté ne pratique pas les IVG, il ou elle doit vous en informer immédiatement et vous communiquer le nom de professionnels réalisant les avortements. C’est une obligation légale.

Consultez notre fiche pratique dédiée à la consultation d'information :

Le deuxième temps correspond à la remise de votre consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme.

Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).


Lors de ce deuxième temps vous choisissez votre méthode d’IVG, ainsi que son lieu de réalisation
Il s'agit également d'un moment privilégié avec le médecin ou la sage-femme pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG, si vous en avez besoin, et pour réaliser ou vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus.

Consultez notre fiche pratique dédiée au recueil du consentement :

La consultation psycho-sociale est systématiquement proposée et obligatoirement réalisée pour les femmes mineures.

Elle se déroule entre les deux temps préalables à l’IVG.


Si vous êtes majeure et n’avez pas souhaité le réaliser à cette étape de la procédure vous avez la possibilité de le réaliser par la suite à n’importe quelle étape de la procédure d’IVG.


Au cours de cette consultation, il vous sera proposé un accompagnement social et psychologique. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé) pour cette consultation.


Elle a lieu avec un professionnel qualifié en conseil conjugal et familial, au choix :

Il existe deux méthodes pour interrompre la grossesse : médicamenteuse ou instrumentale.

Jusqu’à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles, vous avez le choix entre les deux méthodes.

Au-delà et jusqu’à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles, la méthode instrumentale est privilégiée.


Si l’avancement de la grossesse vous permet de choisir entre les deux méthodes, cette décision est prise en concertation avec le médecin ou la sage-femme qui réalisera l’IVG. Vous avez également la possibilité d’en parler avec tout professionnel de santé (médecin généraliste, gynécologue, sage-femme, infirmière …) ou encore avec une conseillère conjugale.

L’IVG médicamenteuse ne peut être pratiquée que jusqu’à la 7e semaine de grossesse (soit 9 semaines après le 1er jour des dernières règles).

Cette méthode peut être proposée par un médecin ou une sage-femme, exerçant en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet libéral, en centre de santé sexuelle (ex-centre de planification familiale) ou en centre de santé.


Elle consiste à prendre 2 médicaments différents entre 24h et 48h d’intervalle, qui vont permettre à l’œuf de se détacher de l’utérus et d’être expulsé.


Ces médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme ou peuvent vous être délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation. Vous pouvez choisir de prendre les médicaments en présence du médecin ou de la sage-femme qui réalise l’IVG ou à votre domicile.


Cette méthode ne nécessite pas d’anesthésie ni d’intervention instrumentale.


Après une IVG médicamenteuse, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de vérifier que la méthode a fonctionné et que la grossesse est interrompue.

Consultez notre fiche pratique sur la réalisation de l'IVG :

Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).


Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence :

  • fièvre (température supérieure à 38°C),
  • importantes pertes de sang, 
  • fortes douleurs abdominales
  • malaise.

Un ou plusieurs de ces signes doit vous amener à consulter rapidement un professionnel de santé ou un service d’urgence gynécologique.

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles).

Elle est effectuée par un médecin ou sous certaines conditions par une sage-femme, en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés.


Il s’agit d’une rapide intervention instrumentale pour aspirer l’œuf qui se trouve dans l’utérus. Elle est réalisée sous anesthésie locale (seul le col de l’utérus est « endormi ») ou générale et dure une quinzaine de minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.


Après une IVG instrumentale, une consultation de suivi avec le médecin ou la sage-femme est nécessaire afin de s’assurer que la méthode a fonctionné et que la grossesse est interrompue.

Les complications immédiates sont rares.

Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel.


Les complications à distance d’une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.

Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse.

C’est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.

L’IVG médicamenteuse est efficace à 95%, c’est-à-dire que dans 5% des cas, il est nécessaire de pratiquer une IVG instrumentale ou un autre geste chirurgical en complément.


L’IVG instrumentale est quant à elle efficace à 99,7%. Il est tout à fait exceptionnel de devoir refaire la procédure. 


Quelle que soit la méthode utilisée, la consultation de suivi après l’IVG est nécessaire car elle permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue mais aussi de la bonne santé globale de la femme.

Il est nécessaire de réaliser cette consultation après une IVG.

Elle est réalisée avec le médecin ou la sage-femme et permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue et qu’il n’existe pas de complication.


Elle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l’IVG, parfois plus tôt selon les circonstances cliniques.
Elle peut se dérouler à distance dans le cadre d’une téléconsultation.


Lors de la consultation de suivi, le médecin ou la sage-femme aborde avec vous la contraception si vous en souhaitez une pour l’adapter à votre situation. Il/elle vous propose également de bénéficier d’un entretien psychosocial si vous le souhaitez.

Consultez notre fiche pratique sur la consultation de suivi :